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Transat
Jacques Vabre 2003 |
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PHOTO
PRISE LE VENDREDI MATIN 31 OCTOBRE À 11HR00
( i.e. la journée
avant le départ de la Transat Jacques Vabre )
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RÉTROSPECTIVE
SUR LES ÉVÉNEMENTS (2)
qu'ont
vécus le skipper Georges Leblanc et son co-skipper Marc
Nadeau sur
le voilier «Ciment St-Laurent Océan»
depuis le départ du port
Le Havre
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À 02HR30
C'EST CATASTROPHIQUE Le
choc est brutal, violent. Instantanément le bateau
s'incline. Se tenir pour ne pas tomber. Comme dans un film
au ralenti, la gîte s'accentue encore et toujours. Dans
cette cabine où chaque objet avait été minutieusement
rangé, tout ce qui n'est pas amarré tombe en pluie vers le
côté tout en bas.
Pourquoi le bateau ne se redresse pas ? Mais le
plancher s'incline encore, il est maintenant vertical.
Impossible de se tenir. S'agripper à la force des bras, les
pieds battant dans le vide. La chute est inexorable.
Plus tard, le visage tuméfié de Marc traduira la violence
de l'impact, mais pour l'instant la douleur est occultée,
un peu comme s'il était spectateur d'un mauvais film avec
l'espoir d'en sortir et de retrouver enfin le bateau
vertical.
Et puis, dans ces moments où la vie est en réel danger,
l'instinct de survie dicte les gestes essentiels et efface
la douleur qui pourrait les perturber.
L'inclinaison,
on peut désormais parler de retournement, se poursuit
encore, sans doute un peu plus lentement, le temps que le mât se remplisse d'eau. Le bateau est maintenant
stabilisé à l'envers, la quille remplacée dans l'eau par
le mât et les voiles. |
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Entre 02HR31 et 06HR30
C'est la nuit au large du Cotentin. En court-circuit,
les lumières de la cabine se sont éteintes. Seul l'éclat
brutal et éblouissant des lampes stroboscopiques de leur ciré
illumine par intermittence cet espace de vie devenu
brutalement si précaire avec les vagues qui explosent sur
la coque dans un bruit assourdissant et l'eau glacée qui
monte rapidement le long des pieds et des jambes se déplace
à l'intérieur en tous sens, entraînant tous les objets.
Ils savent
qu'ils sont en train de couler. Combien de temps
pourront-ils tenir comme cela ?
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Vers 02HR45
Ils réussissent à larguer les 2 balises Cospas Sarsat. |
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ENSUITE
L'eau monte minute après minute. Il fait froid et au-delà
du risque de noyade dans cette cabine remplie d'eau,
l'hypothermie est sans doute l'élément le plus à
redouter. En effet, dans l'eau, le corps se refroidit 30
fois plus vite que dans l'air et le ciré n'apporte qu'une
protection minimale. C'est dans l'obscurité totale qu'ils
préparent leur sortie. Dans ces conditions, immergé
dans de l'eau à 15°C, le temps de survie habillé ne dépasse
pas une dizaine d'heures. La baisse thermique se traduit
d'abord par des frissons dont le but est de produire de la
chaleur. Cette réaction souvent vaine épuise
rapidement les réserves d'énergie.
L'organisme
n'a alors d'autre choix que de se rétracter, le sang
refluant vers le centre du corps pour limiter le contact
avec le froid et protéger les organes vitaux. A 33°C, les
muscles deviennent rigides puis une somnolence s'installe,
entrecoupée d'hallucinations. La perte de conscience
apparaît vers 30°C.
A bord de
Ciment Saint Laurent Océan, l'eau monte toujours. Georges
et Marc, dans ce paradoxe des mots, font preuve du plus
grand « sang-froid ». Ils restent à l'abri à
l'intérieur retardant ainsi au maximum leur immersion
totale dans l'eau tout en se protégeant du vent et des
embruns.
Et puis,
ils se doutent qu'une fois dehors, au milieu des vagues, ils
seraient très vite séparés de la coque, diminuant ainsi
leur chance d'être retrouvés. |
Source:
Jean-Claude Maltais
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À 06HR30
Enfin ! Ils croient qu'un hélicoptère survole le
voilier.
Un plongeur
toujours suspendu à l'hélico s'approche de la coque et
tape vigoureusement sur celle-ci à maintes reprises;
malheureusement Georges et Marc n'entendent absolument rien
de l'intérieur; tant le bruit assourdissant de l'eau qui
valse en tout sens rend l'ambiance cacophonique...
Les
sauveteurs s'interrogent à savoir s'il y a encore des
survivants à l'intérieur ou si les occupants ont été
éjectés ou si tout simplement ils sont à la dérive sur
la Manche.
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06hr45
Le bateau est maintenant plein d'eau. Grâce à leur brassière
auto-gonflable, ils flottent à la surface la tête
coincée en haut, au niveau de ce qui tenait lieu de
plancher. Reste environ une couche de 30 centimètres d'air
mélangé avec des odeurs de gazoil qu'il faut happer pour
respirer, en penchant la tête entre chaque mouvement de
vague.
Le bateau
va bientôt faire son trou dans l'eau, ils sont à la
limite, il faut sortir. Lorsque le bateau aura entrepris son
dernier voyage vers le fond, ce sera trop tard.
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Source:
Jean-Claude Maltais
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---VERS
les 07hr00
Ils plongent malgré leurs habits de survie , ils sortent
par le capot avant. Marc quitte le premier et après
un laps de temps permettant à Marc de faire surface, Georges
plonge à son tour. Il
fera bientôt jour sur la mer, les vagues les bousculent.
Au dessus,
un hélicoptère de la Marine est en stationnaire. Son
faisceau lumineux permet à Georges d'observer la manoeuvre
de récupération de Marc et quelques minutes plus tard
enfin ce sera à son tour de se faire hélitreuiller. |
Source:
Jean-Claude Maltais
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VERS les 07hr30
Ils sont SAUVÉS. |
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Pendant
la course, les communications écrites et verbales du skipper
Georges Leblanc étaient transmises* à l'aide d'un téléphone
Iridium.
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CELLUBOUTIQUE
et CELLUNIVERS en collaboration avec INFOSAT
sont depuis plusieurs années les spécialistes en
communications cellulaires et satellites qui équipent
et supportent Georges Leblanc, le skipper du voilier
Open 60 "CIMENT ST-LAURENT Océan". |
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