En suivant mon équipe, vous y découvrirez
la mer, l'aventure et l'aspect humain...

Au menu : grands vents, pluie et embruns

Archives > Nouvelles 2012 > Au menu : grands vents, pluie et embruns
31 juillet 2012

Au menu : grands vents, pluie et embruns

La météo marine moderne téléchargée à bord du OCÉAN PHÉNIX à l'aide d'équipements satellites offre la possibilité de faire des choix judicieux sur la route à suivre pour rejoindre la Manche.

Lorsque je navigue sur l'Atlantique Nord en direction de St-Malo, je regarde la rotondité de la terre, son horizon et je n'ai pas trop idée de ce que me réserve la météo pour la prochaine semaine. Je me permets de penser que si nous prenions la route habituelle par le nord, nous pourrions peut-être profiter des vents dominants ou bien nous pourrions aussi être piégés dans des calmes plats et nous faire ballotter par une houle alors que le mât se balance comme un métronome et que les voiles claquent violemment. Peut-être pourrions-nous aussi nous retrouver dans une zone de clapotis casse-bateau ou à chaque vague, la coque du voilier retombe brusquement en faisant vibrer le voilier d'un bout à l'autre et rendant les manoeuvres particulièrement difficiles. Je peux vous dire qu'à chaque BANG! que l'OCÉAN PHÉNIX fait entendre, ça fait mal aussi au skipper propriétaire.

Michel, notre responsable météo me fait remarquer que la semaine précédant la transat Québec-St-Malo, le patron météo d'un bord à l'autre de l'océan était remarquablement bon, ce qui n'est pas le cas cette semaine-ci. Nous analysons les fichiers météos, les cartes des vents, les simulations à 6, 12, 24, 48 et 72 heures et rien ne favorise le parcours habituel par le nord. Michel suggère plutôt de naviguer légèrement vers le sud-est afin d'atteindre le moment idéal pour mettre le cap direct sur la Manche en se faufilant entre les hautes et les basses pressions. Nous passerons la dépression en laissant son centre sur notre tribord. ET BIEN, ÇA MARCHE! Depuis que j'ai accepté son option, il pleut, il vente, on est détrempés, les embruns se succèdent mais on fait une bonne route dans la bonne direction et à bonne vitesse. De plus, la force du vent fluctuant souvent, j'attends le moment où on m'appellera pour prendre deux ris dans la grand-voile. Une telle manoeuvre lorsque l’OCÉAN PHÉNIX file à 14 noeuds doit être bien synchronisée.

Walter continue de barrer tout en gardant le cap. Tout le monde est sollicité. Philippe relâche la drisse, Sonia prend la prise de ris, Martin rentre les bosses de ris 1 et 2, Marc s'occupe de l'écoute de la grand-voile et Pierre reste au moulin à café. GO! C'est parti! Tout fonctionne à merveille sans gêner la vélocité du voilier. C'est presque parfait. Il reste à prendre la tension sur la drisse. C'est OK pour le ris 1. OK pour la bosse de ris. Marc borde l'écoute. Tout est beau, la vitesse est meilleure et ça ménage le gréement.

Pour nous, lorsqu'on choisit notre météo, l’important c’est d'avoir du vent. Nous cherchons à nous positionner en bordure des dépressions afin de profiter des meilleurs vents et de rentrer vite fait au port de St-Malo. Cette semaine, nous profiterons peu du soleil. Au menu encore pour quelques jours, grands vents, pluie et embruns, ce qui nous amènera de bonnes vagues pour surfer.

Merci quand même Michel! Nous, ce qu'on désirait sur l'OCÉAN PHÉNIX c’était du bon vent, une mer calme, le soleil, un ciel étoilé la nuit et surtout aller très vite. Plusieurs de ces options se retrouvent au CLUB MED, pas au milieu de l’Atlantique nord.

Ris: cordage sur la grand-voile servant à prendre un ris.
Prendre un ris: action de diminuer la superficie de la grand-voile, celle-ci peut avoir jusqu'à trois ris.