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La mer qu'on voit danser

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3 août 2012

La mer qu'on voit danser

Prendre des vacances au bord de la mer, naviguer sur les différentes mers du globe, vivre des produits de la mer, aller en mer ou encore gagner sa vie en mer sont tous de différents moyens de faire connaissance avec celle-ci.

La mer ou l'océan, peu importe comment vous préférez l'appeler, occupe une superficie s’étendant sur les 2/3 du globe et elle ou il prend aussi une place primordiale dans la vie des gens. Pour continuer mon paragraphe et faciliter la compréhension, je vais opter pour le genre masculin. Même si la plupart des gens le craigne, il y a de fortes chances qu'un jour ou l'autre vous en fassiez la connaissance. Nous, les coureurs au large, on lui court après. (J’aurais peut-être du opter pour le genre féminin après la phrase que je viens d’écrire). Moi, je l'aime du genre calme avec un vent suffisamment fort qui permettrait à l'OCÉAN PHÉNIX de faire une bonne vitesse sans tangage, ni roulis. Ça c’est dans mes rêves. Depuis notre entrée sur l'Atlantique Nord, il en est tout autrement. Ça roule, ça tangue, ça ballotte, ça secoue, ça mouille et j’en passe. Même si les vagues envahissent le pont avant de façon régulière, ça ne va pas si mal, nous roulons à une vitesse qui oscille entre 12 et 18 nœuds; ça nous permet de faire la route jusqu'à St-Malo. Par contre, si l’océan était plus plat, nous irions sans doute plus vite et avec plus de confort. Comme je le répète souvent, c'est à nous à nous adapter à ce milieu marin. Comme les bons moments nous paraissent toujours plus courts que ceux qui nous fatiguent ou nous éprouvent, il nous faut voir ce qu'il nous offre de bon tout en augmentant notre seuil de tolérance.

Hier soir, après avoir passé plusieurs heures à l'intérieur à me faire brasser et à régler divers problèmes, je n'avais qu'une seule envie, aller rejoindre le quart à Walter qui prenait plaisir à barrer dans ces vagues désordonnées. Assis au fond du cockpit, il y avait Sonia et Marc qui faisaient la jasette à Manon qui tardait à rentrer se coucher et je devinais les silhouettes de Pierre et Michel tout silencieux à l’arrière du cockpit. J'ai pris une bonne bouffée d'air de l'océan, salin, pas trop frais et drôlement ravigotant. La pleine lune jouait à cache-cache à travers les nuages sombres qui voyageaient à l'horizon. Le ciel s'est éclairci, les rayons lumineux de la lune éclairaient tout à coup cette mer mouvementée. Cette lumière blanche faisait miroiter le dos des vagues qui roulaient en direction du OCÉAN PHÉNIX. Elles s’enfilaient sous la coque ou bien se fracassaient sur celle-ci, selon l’humeur du moment. VLAN! Je reçois des embruns en plein visage. Tout dégoulinant, je la trouve un peu trop familière, cette mer!

J'étais bien quand même et je me disais que c’était pour des moments bénis comme ceux-là que nous naviguons. À cet instant précis, je n’aurais échangé ma place avec personne d’autre et je suis prêt à parier que tous à bord abondent dans ce sens. J’avais envie de chanter "C"est beau la mer!" sur l'air de "C'est beau un homme!", mais je me suis ravisé pour ne pas me retrouver fin seul dans le cockpit. Les circonstances se prêtaient mieux pour entonner "La mer qu'on voit danser!"

Roulis: mouvement transversal d’un navire sous l’effet de la houle.

Tangage: mouvement d’un navire dont l’avant et l’arrière plongent
successivement.