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Océan Phénix fait des ronds dans l'eau

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24 juillet 2012

Océan Phénix fait des ronds dans l'eau

La portion fluviale de la Québec St-Malo représente un important défi pour l’ensemble des coureurs. Le fleuve St-Laurent est un cours d'eau où l’on doit conjuguer avec les marées, les forts courants, les hauts-fonds et une circulation maritime active.

Je ne compte plus les fois où j’ai expliqué que les difficultés de navigation du fleuve et son golfe sont comparables aux difficultés de navigation de nombreux cours d'eau dans le monde, qu’il est plus ou moins difficile à naviguer que bien d’autres cours d’eau ayant une configuration géométrique semblable. Il génère des conditions météo locales imprévisibles, il est casse-bateaux ou alors il faut nous retrouver au bon endroit au bon moment pour profiter des avantages qu’il nous offre.

Notre départ de dimanche s’est déroulé sans anicroche puis, nous nous sommes dirigés à une vitesse raisonnable en direction de la flotte des leaders qui s’orientait vers le passage au sud de l’Ile-aux-coudres. C’est à ce moment que notre spi s’est déchiré pour aller flotter en tête de mât retenu uniquement par sa drisse.

Voilà le genre de complications qui signifie que tout l’équipage doit bosser tout près d’une heure pour amortir le bordel qu’engendre une telle situation. Un voilier ayant un tirant d’eau de 4.4 mètres tel que le Océan Phénix nous oblige à rallonger notre route afin de ne pas planter le bulbe de quille dans le sable. Les équipiers regardent tristement les classes 40 qui traversent la batture en direction de la marque de parcours de la Malbaie. Peu importe notre lente progression vers la marque de parcours, notre passage s’effectue sans heurt tout en ramenant un petit rayon de soleil dans les yeux des équipiers. Mais, car il y a toujours un mais, sitôt la bouée contournée, le vent nous laisse sécher sur place et il s’absente pour de bon.

Toute la nuit, les quarts se succèdent à toutes les trois heures. Je suis installé à la table à cartes, les yeux rivés sur l’écran, je constate que la trace de notre parcours n’a rien de réjouissant. C’est aberrant, j’y vois des cercles parfaits. Ça ressemble presque aux anneaux olympiques, la similitude s’arrête là. La nuit qui n’est pas froide mais tellement décevante cède sa place au lever du jour qui nous laisse entrevoir le même paysage que la veille. Si le vent tarde à se pointer, nous ne sommes pas au bout de nos peines.

Le courant descendant du secteur de l’Ile Rouge, tel un aimant, nous attire sur sa batture. Après quelques heures à dériver dans sa direction, nous effectuons le virement de bord qui nous permet de nous éloigner cahin-caha tout en effleurant ses hauts-fonds et de nous diriger vers l’Ile Verte. Heureux d’avoir bien négocié ce passage tout en profitant de la force du courant, nous observons, tristounets, un classe 40 qui a dû mouiller l’ancre afin de limiter sa dérive vers cette batture inhospitalière. Le scénario qui se déroule sous nos yeux nous porte à penser qu’il y en aura peut-être d’autres qui iront lui tenir compagnie. Ne pouvant leur venir en aide, nous nous éloignons en souhaitant qu’Eole intervienne dans les plus brefs délais.

Un beau temps pour relaxer sur le bord de la piscine mais pas pour naviguer.

georgesleblanc23juillet