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Quel tintamarre !

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26 juillet 2012

Quel tintamarre ! 

Celui qui va en mer tout comme celui qui est équipier sur le voilier OCÉAN PHÉNIX découvre et apprend à s'adapter aux bruits de l'environnement marin du voilier.

Souvent, le bruit des vagues qui viennent se briser sur la coque du OCÉAN PHÉNIX peut sonner agréablement à nos oreilles. Un tel voilier de course doit être très léger, robuste et rigide pour atteindre les performances désirées par le skipper. Les matériaux tels que: kevlar, carbone et époxy sont utilisés pour la construction de ces bolides et les résultats en font de superbes caisses de résonance dont les sons produits nous font deviner lorsqu’on va vite ou que la mer se rebiffe. Ce qui retient plus particulièrement mon attention, ce sont les sons provoqués lorsque les vagues frappent la coque de plein fouet ou tout simplement le bruit de la pluie sur le pont. Dans cet environnement, certains membres de l'équipage ont peine à tolérer ces bruits inhabituels lorsque vient le temps du repos. Ils préfèrent se mettre des bouchons dans les oreilles, ce qui n'est pas nécessairement sécuritaire s’il y avait une urgence. Ils sont rarement seuls à dormir et (les ronfleurs et la ronfleuse) les obligent à utiliser ce procédé afin de réussir à trouver le sommeil sans trop de mal.

Pour ma part, ayant à maintes occasions navigué en solitaire, je suis à l'affût du moindre bruit incongru, de tous les sons bizarres, peu importe leur provenance. Ce sont eux qui m'informent d'un problème, du changement d'humeur de l'océan, des accélérations du voilier, etc…. L'autre soir, à bord du OCÉAN PHÉNIX, j'étais couché dans le lit sous le cockpit et mon équipage de quart n'a pas cessé de me faire entendre toute la gamme inimaginable de sons. Ça va notamment des semelles qui couinent, des cliquetis des winchs, des cordages qui claquent lorsque choqués, des manivelles de winch échappées dans le cockpit, en passant par Philippe qui, n’étant pas nécessairement un poids léger, saute dans le cockpit, les courroies de ligne de vie qui tapent le pont du voilier en vibrant sous l'effet du vent, sans oublier les boutades entre équipiers qui déclenchent une avalanche de rires et de réparties. Tout ce tintamarre me permet d'imaginer aisément l'intensité des moments vécus et surtout la solidité de mon cockpit. Puis, après m'être amusé à identifier la provenance de tout ce tapage, je me retourne la tête sur l'oreiller pour m'endormir à la seconde près pour un laps de temps trop court.

P.S. Pour ceux qui s'interrogeraient, hier à bord du OCÉAN PHÉNIX, il y a eu un bris de matériel qui a eu pour conséquence de retarder notre progression dans la course. Nous sommes à bricoler et à poursuivre notre route vers St-Malo en longeant les Iles-de-la-Madeleine de même que St-Pierre-et-Miquelon. Le moral des troupes est bon et la course continue.